La logique de l'ironie

épilogue

Lequel désigne l'autre ? Comment interprétez-vous cette « Création d'Adam » ? Quel sens lui donnez-vous ? Pourquoi et pour qui faudrait-il lui donner un sens ? Daniel Lacombe était mort en 2010. Il avait appris à ses étudiants à « lire » les textes mathématiques et à y distinguer les « expressions mathématiques » de celles qui étaient (et qui n'étaient que...) périmathématiques, épimathématiques... La dernière thèse qu'il avait dirigée était celle d'Isabelle Saliba, soutenue, obtenue et classée en « Linguistique générale » : son titre « La logique de l'ironie »...



Histoire et préhistoire

Nous avions installé Olivier Keller et Gilles Chatelet en vis à vis (*).

Energie et produit

Partant de la conception classique de l’ironie comme trope antiphrastique, nous proposons de la restituer dans une perspective illocutoire : nous remplaçons la notion de contraire (considérée soit comme opération antonymique, soit comme négation propositionnelle) par la notion de « désengagement » consistant pour un même contenu propositionnel à remplacer la force illocutoire non-tropologique de quasi-assertion par une attitude tropologique spécifique d’« adhésion mimée », que nous représenterons symboliquement par un « point d’ironie ».


La notion de quasi-assertion regroupe évidemment des modes de délivrance différents : assertions, présupposés, sous-entendus, etc. Ces différences se marquent par l’adjonction de « sur-composants » déterminés par l’origine des composants. Pour expliquer la coexistence, pour un même énoncé, d’un sens non-tropologique et d’un sens ironique, il est classique d’attribuer le sens ironique au locuteur réel (L) et le sens non-tropologique à un locuteur fictif (L’). Sperber et Wilson considèrent que L’ est mentionné par L. O.Ducrot décrit L’ comme une « voix », distincte de celle de L, mais participant au même concert polyphonique. Notre interprétation est que L’ n’est autre qu’un double « naïf » de L : celui que l’ironiste mime, c’est lui-même affecté d’une certaine naïveté, des indices étant fournis au récepteur pour qu’il ne soit pas dupe.


Nous confrontons ensuite cette définition de l’ironie avec d'autres concepts comme l’humour, la raillerie et enfin la fiction.